Le 25 août nous atteignons finalement le Mexique. J’avais extrêmement hâte de découvrir ce pays après en avoir entendu beaucoup de bien. Mathieu est heureux également de repasser quelques jours dans ce pays qu’il connaît déjà et qu’il apprécie tout particulièrement. Mexico City, ainsi que la péninsule du Yucatán lui rappellent de jolis souvenirs (petite dédicace à Thalia, Tom, Honorine & Ibrahim!).
Une petite anecdote assez drôle d’ailleurs (pour ceux qui connaissent ma « poisse » légendaire!), lorsqu’on entre au Mexique, de façon terrestre ou aérienne, il faut appuyer sur un bouton et si on a la lumière verte qui s’allume on passe sans contrôle douanier et si on a la lumière rouge on a le droit à l’inspection totale du bagage par la douane. Il s’agit d’un contrôle aléatoire… Vous devinez donc bien sur sur qui, de toute la rangée, tombe la lumière rouge: BIBI! Allez hop le douanier armé jusqu’aux dents me demande d’ouvrir mon backpack pour inspection! Son fusil à pompe accroché à l’épaule me dissuade de me rebeller; je m’exécute! Bon comme je n’ai pas une tête de terroriste/délinquante/mule et qu’il tombe sur mes shampoings et maillots de bain en vracs il ne fait pas durer la fouille plus longtemps et me dit que je peux remballer mon chenil et déguerpir!
Nous resterons deux nuits à Playa del Carmen afin de nous reposer après quelques mois intenses et chargés. Certes, ce n’est pas un endroit que nous affectionnons particulièrement, car bien trop touristique pour nous et pas représentatif du « vrai » Mexique. Cependant, un peu de civilisation, de confort (douche, lit, transports publics, connexion internet) après plusieurs mois dans des infrastructures assez sommaires nous feront du bien. Qui plus est, Mathieu décolle de l’aéroport de Cancún deux jours plus tard et moi je retrouve Perrine & Aurélie qui atterrissent à Cancún.
Je dois avouer que j’ai eu un énorme choc culturel (un peu émotionnel également) en passant de Bélize City à Playa del Carmen, via Chetumal. Encore plus car avant cela nous étions au Nicaragua et Honduras. A notre arrivée, le front contre la vitre du bus je regardais défiler ces énormes resorts, hôtels de luxe, centres commerciaux, restaurants tous plus chics les uns que les autres, ces gens sur leur 31, ces lumières. Le contraste avec ces petites maisons qui tiennent à peine debout, une certaine pauvreté, la saleté dans la rue, ces gens qui vivent sur le pas de leur porte car la rue est animée, ces gens très simples qui vous sourient de leur sourire parfois édenté mais toujours sincère, est trop fort, trop intense. Je viens de passer d’un monde à un autre, si différent. Et sans aucune transition. Je m’attendais à du « show off », à des lumières et des resorts, certes. Mais pas autant! Je réalise que l’Amérique Centrale c’est en quelque sorte fini (quoique… on retourne au Guatemala 20 jours plus tard!) et je prends un petit coup au moral. Il me faudra 1-2 jours pour réaliser, m’adapter et changer un peu d’état d’esprit.
Nous profitons de Playa del Carmen pour régler quelques aspects administratifs, enfin manger autre chose que du poulet-riz-patate, pour faire bronzette et se baigner dans cette eau qui offre une palette infinie de tons bleus. Il n’y a pas à dire, cette côte Cancún/Playa del Carmen/Tulum vend du rêve.
Le samedi 27 on rejoint Cancún pour accueillir Perrine & Aurélie, mes copines avec qui je vais passer deux semaines à visiter la péninsule du Yucatán. Mathieu, qui n’a pas envie de parler chiffons avec trois nanas durant deux semaines, ni revisiter cette partie-ci du Mexique, s’en va deux semaines à Cuba! Après 4 mois ensemble 24h/24 & 7j/7 cela nous fera tout bizarre de se quitter, même pour deux semaines.
Je suis quand même super heureuse de retrouver Aurélie & Perrine que je n’ai pas vues depuis des mois! Nous allons passer deux super semaines, c’est une certitude! Je vais passer du mode « voyage » au mode « vacances » (hé oui il y a bel et bien une nuance) et m’adapter à leur rythme afin qu’elles puissent profiter au maximum de leurs vacances bien méritées! Pour moi c’est comme des vacances au milieu de ce tour du monde!
Nous fêtons cette première soirée et les retrouvailles les 4 ensemble dans un restaurant typiquement mexicain. Au menu: guacamole, burritos, margaritas ET sombreros!

Le lendemain matin nous laissons Mathieu qui s’en va à l’aéroport et nous commençons notre roadtrip mexicain les trois. Et ça démarre fort!! Le programme de la journée? Oh, simplement aller nager avec les requins-baleines…!
Quelle journée grandiose! Les requins-baleines sont de magnifiques, majestueux et imposants poissons cartilagineux. Ils peuvent mesurer jusqu’à 20 mètres et peser jusqu’à 34 tonnes!
On tente de les suivre à l’aide de palmes, un masque & tuba afin de les observer et les admirer de très près! Je me retrouve à quelques centimètres seulement d’un requin-baleine (sous la supervision d’un guide-plongeur) et, à plusieurs reprises, risque de me faire envoyer valser par sa nageoire caudale. Malgré qu’il avance relativement lentement (5 km/h) il faut battre des jambes avec entrain afin de pouvoir le suivre. Ces bêtes sont magnifiquement tachetées mais si impressionnantes aussi! Elles pourraient m’engloutir en une ou deux bouchées mais heureusement elles ne se nourrissent que de plancton. Lorsque le requin-baleine te fixe de ses petits yeux, sans paupières, au regard indéfinissable, tu hésites entre frissonner ou carrément retourner sur le bateau pour simplement l’admirer depuis au-dessus.



La sensation de se retrouver à l’eau au-dessus ou à côté de ce poisson qui fait environ 4 fois ma taille est intense & indescriptible. Nous restons les trois bouches-bées et sous le choc de cette belle rencontre sous-marine durant plusieurs minutes. Le premier magnifique souvenir de ces deux semaines, inscrit dans notre esprit.



Étant donné que les émotions ça creuse nous terminons cette excursion par un excellent ceviche à quelques brasses de la plage d’Isla Mujeres, dans l’eau. Jamais je n’ai vu une eau si transparente, cristalline. Et jamais je n’ai mangé de ceviche à même l’eau dans un si beau décor! Plusieurs jolies premières fois pour une seule journée. MERCI les filles ♡.


La seconde étape nous mène à Valladolid. Nous arrivons dans la soirée dans un magnifique hôtel, qui ressemble à une hacienda, le Quinta Marciala. Valladolid est une belle ville colorée et empreinte d’histoire, de style colonial espagnol, où il fait extrêmement chaud & humide.





Notre quête des cenotes (puit sacré pour les mayas, rempli d’eau douce) commence ici: Zaci, Dzitnup, Samula et Xkeken nous emmènent dans des décors sombres, impressionnants et intrigants.



Et qui dit péninsule du Yucatán, dit: le seul & l’unique: Chichen Itza!



Nous nous y rendons le lendemain matin à l’aube afin d’éviter les foules et cars remplis de touristes. Au passage nous prenons un guide afin d’avoir un complément d’information et tous les détails de la période maya-toltèque. Notre guide Angel, ou Angelito pour les intimes, a 81 ans et est des plus attachants. Nous passerons 3h30 sur ce site plein d’histoire, à apprendre une montagne d’éléments historiques.

Prochaine étape de notre itinéraire mexicain: Izamal, aussi surnommée la ciudad amarilla, la ville jaune. Je vous laisse découvrir pourquoi!







Nous arrivons à Mérida sous la pluie. Le temps n’est pas meilleur le lendemain mais cela ne nous arrêtera pas!
Un petit café, roll à la cannelle et nous voilà parties, appareils photos au poing pour découvrir Mérida, également appelée la Cité Blanche. Le marché, les différentes églises, la magnifique université (Université du Yucatan) avec sa cours intérieure à ciel ouvert nous charment.






Nous rencontrons des mexicains au détour des rues qui se font un plaisir de nous parler de leur ville, de nous conseiller de visiter tel ou tel monument, qui nous demandent d’où l’on vient (et nous surprennent par leur connaissances détaillées sur la Suisse: si señor, nous avons toujours la Coop et la Migros comme supermarchés en Suisse et si señor il y a effectivement 4 langues officielles dans notre pays – les gens sont surprenants!). Nous aurons même le droit à un cours très poussé sur les hamacs par un expert du hamac & vendeur dans un magasin artisanal: qu’est ce qui différencie un bon d’un mauvais hamac, comment bien utiliser et se coucher dans un hamac, la méthode de tissage, pourquoi pas mal de mexicains dorment dans des hamacs et n’ont pas de lit. Bref, nous finirons à 7 dans un hamac: si señor votre hamac est solide et d’une extrêmement bonne qualité !
Hé bien je peux vous dire que c’était vraiment intéressant, mais également qu’on a tout faux sur les hamacs en Europe…
Après les hamacs nous allons porter notre attention sur les flamants roses! Des oiseaux que nous iront tenter de voir à Celestún. Nous arrivons donc dans un petit village perdu, il doit y avoir en tout et pour tout 300 habitants. Qu’importe! Ce soir-là on a la chance d’assister à un coucher de soleil des plus sublimes!





Le lendemain matin nous partons en bateau sur la lagune et dans la mangrove à la recherche de ces beaux flamants roses qui font la renommée de Celestún!




Résultat: pas un seul flamant rose, ni même une plume de flamant rose! Ils sont tous partis au chaud paraît-il… Pas de crocodile non plus dans la mangrove. C’est un flamingo-fail! Heureusement nous avons passé une belle matinée, vu de beaux paysages ET eu la chance de voir des dizaines de dauphins virevolter autour de notre bateau. Un joli moment, encore un!!

L’après-midi on s’en va visiter la sublime Hacienda de Yaxcopoil. On a l’impression de revenir au 17 ème siècle dans cette grande exploitation agricole qui ressemble davantage à un palace.




Le lendemain la visite du site maya d’Uxmal est très différente de Chichen Itza car il n’y a pas un chat et on peut prendre le temps de déambuler tranquillement & calmement et de grimper sur la plus haute pyramide maya d’où on a un point de vue génial sur la forêt environnante & tout le site historique.







Et n’oublions pas la nuit précédente qui a été agitée par une tempête avec de longs éclairs qui zébraient le ciel gris! Un spectacle magnifique que nous avons admiré depuis notre balcon. Perrine, elle, a passé deux ou trois heures à tenter (& réussir!) d’immortaliser un éclair avec l’appareil photo. Aux aguets, en position il fallait dégainer extrêmement rapidement!


Et voilà, déjà une semaine absolument géniale, pleine de rires, de beaux paysages, de souvenirs uniques qui s’achève. La suite au prochain article 🙂