Le jeudi 2 juin nous entamons avec beaucoup d’excitation et d’enthousiasme nos aventures boliviennes. Tupiza nous apparait comme une ville toute mignonne, nous sommes contents d’être là. Mais ce sera pour peu de temps car le lendemain nous comptons partir pour une expédition de 3 nuits & 4 jours au Salar d’Uyuni.
D’ailleurs à peine descendus du bus on se fait encercler par des boliviens qui veulent tous qu’on réserve le tour avec leur agence. Ils sont très très insistants. On prend les informations à droite et à gauche et on rejoint notre hostel afin de poser nos backpacks et prendre rapidement une décision quant à l’agence que l’on choisira.
On finira par réserver auprès de l’agence « Alejandro Tours » car nous avons vu de bons commentaires sur Trip Advisor et la dame de l’agence désespérait de trouver deux personnes afin de compléter un groupe pour un départ le lendemain matin.
On passe à leur agence afin de payer (BOB 1250.00 pour les 4 jours tout compris, soit env. CHF 190.00 par personne) et c’est justement l’occasion de rencontrer les deux personnes avec qui nous partirons pour 4 jours de folie. On est très rapidement soulagés de faire la connaissance de Coralie & Marine, deux françaises de 22 ans, tellement gentilles et pleines d’enthousiasme! On sent tout de suite que le courant passe et qu’on va passer un super moment les 4.
Et le lendemain, lors du départ on rencontre notre conducteur, Palermo, ainsi que notre cuisinière, Teresa, on est certains que ces 4 jours les 6 dans notre Toyota 4×4, seront exceptionnels!!!



Palermo nous dit d’entrée de jeu: « Dans peu de temps je serai votre pilote, votre frère, votre meilleur ami, votre père et votre guide. »
Cela va s’avérer être plus vrai que prévu! On ajoutera même sauveur, héro, mentor!
Il est très important pour nous de dire que Palermo & Teresa sont devenus tout cela à la fois. Ils ont rendu ce périple hors-du-commun, ils nous ont bichonnés, ils nous ont chouchoutés, ils ont partagé leur chaleur, leur sourire, leur histoire, leur expérience, leur culture, leur savoir avec nous. Ils nous ont beaucoup donné et nous 4 ne pourrons jamais les remercier assez pour cela.
Pour nous ils resteront nos « Papukin & Mamukin ». Deux rencontres en or.
Et Coralie & Marine… On a eu la chance inouïe de tomber sur elles. On a partagé d’excellents moments, des débats passionnés, du karaoké, des photos créatives, des émotions, des apéros.
Merci à elles pour leur gentillesse, leur fraicheur, leur motivation, leurs sourires et ces moments partagés. Deux jeunes femmes géniales dont nous nous souviendrons longtemps. Bonne continuation les filles 🙂


Notre aventure commence donc le vendredi matin, musique latino à fond dans la voiture pour s’ambiancer! Papoukin a prévu une playlist pour les 4 jours, car nous allons avaler pas mal de kilomètres en voiture dans le désert. 1200 km en tout.
Nous prendrons notre premier repas de midi au beau milieu du désert bolivien dans un village d’une centaine d’âmes. Teresa aka Mamukin place la barre très haut pour notre premier repas, on se régale! Salade, poulet, pommes de terre, riz suivi d’un dessert. Rien de gastronomique mais préparé avec expérience et amour!
Notre route passera ensuite par la Ciudad del Encanto, auprès du Pueblo Popliz, du Pueblo Fantasma, par la Laguna Morejon, le Volcan Uturuncu (cumulant à 6008m qui n’est plus en activité). Ces peuples vivent ici, loin de toute civilisation et vivent d’agriculture ou d’extraction de différent métaux ou minerais.





Nous apprendrons de Palermo aka Papukin que si les boliviennes ont toute de très longs cheveux, qu’elles séparent en deux tresses, et au bout y fixent des ponpons ou décorations en laine de lama c’est pour suivre une tradition ancestrale. Dès très jeunes les señoritas se font des tresses et vers l’adolescence soit elles décident de « couper » avec la tradition et se laissent par exemple les cheveux détachés (mais toujours très long car c’est signe de féminité et d’élégance), soit elles font perdurer cette tradition et continuent à se tresser les cheveux.
Sur la route nous apercevons plusieurs cimetières et ceux-ci sont différents des nôtres en Europe, cela nous intrigue et nous demanderons à Papukin de nous expliquer. En Bolivie ils ont beaucoup de décorations colorées sur les tombes. Il nous explique que la mort est vue et « accueillie » différemment en Bolivie que chez nous. Une personne qui décède qui a entre environ 14 et 60 ans aura une tombe décorée de couleurs et de fleurs car on souhaite se souvenir d’elle de façon gaie, vivante et colorée. Au-delà de 60 ans il s’agira davantage d’une mort de vieillesse et la tombe sera décorée de noir. Un bébé ou un enfant qui meurt aura une tombe décorée de blanc, pour la pureté.
300 kilomètres plus tard nous rejoignons le petit village de Quetena Chico. Teresa nous fait à nouveau l’honneur d’un repas exquis: soupe aux légumes, purée et hachis de vache. Que ferions-nous sans elle?!
Chose étrange, Papukin & Mamukin restent dans la cuisine lorsque nous mangeons et nous les soupçonnons de manger uniquement nos restes… Nous les invitons donc à nous rejoindre pour manger ce qu’ils font finalement avec plaisir et dévorent les plats avec nous! C’est l’occasion d’en apprendre davantage sur eux. Heureusement que Marine & Mathieu tiennent la discussion en espagnol, Coralie et moi nous nous contentons de comprendre ce qui se dit, de quelques onomatopées et phrases basiques en espagnol 😉
Samedi matin 4 juin, réveil glacial par 0 degrés à 4200m d’altitude. Le café, mate, oeufs brouillés et tartines préparés par Mamukin nous réchauffent et nous partons pour une nouvelle journée ensoleillée.
Palermo nous demande régulièrement si tout va bien, si nous avons des questions, si nous souhaitons nous arrêter pour prendre des photos et prend à chaque fois le temps de nous expliquer qu’ici on trouve tel peuple, ici on cultive ceci, ici on trouve cela. Qu’il est attentionné et quel bon guide!
Puis nous croisons une auberge de jeunesse (dixit Marine)/hôtel de lamas! Si si véridique!! Ça existe! Pour la simple et bonne raison qu’il est risqué pour les lamas de se promener en pleine nature sauvage de nuit car ils sont les proies des pumas. Ils ont donc leur petit hostel gardé par des gardiens et des chiens, y viennent la nuit et repartent le matin.

Nous traversons la Laguna Hedionda Sur, la Kollpa Laguna, le Salar de Chalviri, le désert de Dali (grand de 110km2) & Rocas de Dali. Oui l’artiste car les formes des rochers font référence aux peintures de Dali.
Puis la Laguna Verde va nous enchanter de sa jolie couleur verte/turquoise/pastel. Suivie de la Laguna Blanca. Elle est blanche car le vent souffle les cendres blanches du volcan en toile de fond (Volcan Licancabur cumulant à 5950m, inactif) sur la lagune.

Après cela, le moment que nous attendions depuis longtemps: les termas hot springs! Par -5 degrés on saute dans les sources d’eau à 38 degrés dans un décor enchanteur! Le rêve! On resterait là tout l’après-midi si on pouvait. Pourtant après un très bon lunch on repart.
On s’arrête observer les Geisers Sol de Mañana (tout cela par une odeur de souffre extrêmement forte). Nous sommes enfait sur un volcan à 4970m, les geysers sont encore en éruption.
Prochain stop à la Laguna Colorada, d’un rose qui parait irréel dans ce décor de sable.


Puis on s’arrête pour la nuit à Villamar un petit village de 200 familles. Super repas par Teresa une fois de plus, avec en bonus une bouteille de vin doux, un Oporto de Tarija. Teresa & Palermo se joignent à nous et grâce à eux nous apprenons beaucoup sur la région, la politique, l’éducation, les traditions, le tourisme. Et le vin aidant, ils se livrent à nous sur eux, leur vie. Ces moments d’échanges valent de l’or.
Et puis pour la première fois depuis deux jours on savoure une douche, chaude!! 7 minutes d’eau chaude pour BOB 10.00, soit CHF 1.50.
Le dimanche 5 juin après un petit déj’ on part à la découverte de la Copa del Mundo de Bolivie (un rocher en forme de coupe du monde), du chameau (un rocher en forme de chameau) et du canyon de l’Anaconda (pour le fleuve en forme de serpent qui le traverse).




Au village de San Augustin on fait un arrêt pour manger le repas du midi et on restera finalement plus longtemps que prévu sur place car l’un-e de nous 4 (je ne dénoncerai pas qui 😉) a oublié son passeport et son porte-feuille avec argent & cartes de crédit dedans à Villamar, le village où nous avons dormi la nuit précédente.
(Bon ben apéro en attendant)

Papukin en vrai héro emprunte une moto à un villageois et déjà il trace dans le désert (2h aller / 2h retour) pour sauver l’étourdi-e et lui ramener son passeport & le reste des papiers.
On vous a dit que c’était notre sauveur!
Une fois que Papukin a retrouvé l’usage de ses mains congelées on reprend la route en 4×4 pour rejoindre un hôtel de sel – Hotel de Sal Atulcha – afin d’y passer notre dernière nuit. Mamukin et Papukin nous ont préparé un FESTIN! Cocktails en apéro, lasagnes et vin rouge! Une dernière soirée riche en gourmandise, en émotions et en « refaisage » de monde les 6 avec Mamukin et Papukin. Un joli moment d’ivresse & de partage.
On s’endort paisiblement sans s’attendre à ce qu’on va vivre le lendemain.
Réveil à 5:00 et c’est parti pour cette étendue blanche qui semble infinie, une immensité blanche. C’est si beau!
Il fait encore nuit lorsqu’on rejoint l’île Incahuasi au plein milieu du désert de sel.
Pour la petite histoire, on appelle cela une ile car il y a très longtemps il y avait de l’eau et à un moment donné c’est devenu une étendue de sel. Les géologues n’arrivent pas à déterminer pour quelle raison ni s’à quel moment cela a eu lieu. Cela reste un mystère.
Petite parenthèse culinaire & culturelle: Le sel d’Uyuni est patrimoine national et il est distribué uniquement en Bolivie et pas exporté. Tout le sel du pays qu’on avalera ici vient du salar où nous étions quelques temps plus tôt!
L’île d’Incahuasi est donc une île qui trône au milieu du désert de sel avec d’énormes cactus (pouvant aller jusqu’à 8m!). Cela donne un cadre particulier au lever de soleil auquel nous avons la chance d’assister, aux premières loges. Des couleurs orangés sur toile blanche dans la nuit noire & froide. Un régal pour les yeux!




Toutes les couleurs y passent, une merveille! Un silence solennel règne. Comme si aucun mot ne peut être assez fort pour décrire le sentiment qui nous anime.
Après ce spectacle nous savourons un dernier petit déjeuner préparé une fois encore avec amour par Teresa. Et ce en plein air au beau milieu de ce vaste désert de sel.

Notre expédition tire sur sa fin, nous devons rejoindre Uyuni, la dernière étape. Là nous profitons d’un dernier lunch les 6 ensemble. Tous, sommes un peu émus car nous avons passé 4 jours intenses les uns avec les autres et ces journées si spéciales resteront gravées dans notre mémoire.



Merci, merci beaucoup pour ces fameuses histoires et ces magnifiques photos.
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Eh! Ben, pour un voyage riche en couleur, détails géographiques, historiques, traditionnels, etc…, vous nous en mettez plein la vue !
Merci à vous 2 !
Merci à Mamukin & Papukin d’avoir pris si bien soin de vous, sans mentionner l’anecdote de l’étourdi(e) : le passeport doit rester collé au corps….
Bonne continuation ! Nous attendons avec impatience la suite des épisodes à venir.
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Merci de suivre le blog si régulièrement 🙂 ça fait plaisir!
La suite devrait ne pas tarder 😉
Des bisous
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C’est un plaisir de te lire !! On vous suit tous les jours !!!! Merci pour les photos qui sont terribles !!!
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Merci merci 🙂 ça fait trop plaisir! On est heureux de partager nos aventures
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merci pour tous ces détails et ces photos …. magnifiques !!!! on s’y croirait presque ..et que de belles rencontres !!!!
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Un endroit tellement dingue, n’est ce pas ? Tant de paysages qui se suivent mais qui ne se ressemble pas… Une merveille de la nature! On aime la vivre, puis la revivre par votre récit! Merciiii les ptis loups!
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