Living the bolivian dream

Notre aventure bolivienne continue à Sucre, cette capitale du baroque qui est depuis 1991 au patrimoine de l’Humanité de l’UNESCO.

Lorsqu’on y arrive en bus, le soir, nous sommes surpris de découvrir une ville faite de pentes. Un peu comme San Francisco (mais en moins extrême). Depuis les hauteurs de notre hostel on a une vue sur la ville illuminée dans cette nuit noire. C’est beau! On a hâte de partir à la découverte de Sucre le lendemain.

Il s’avère qu’il y a un marché gigantesque en ville, qui s’étale sur des dizaines de rues! Nous sommes particulièrement friands des marchés, se balader entre les quarantaines de sortes de pommes de terre qu’il existe ici, les épices colorées, les blocs de beurre et les bacs de feuilles de coca.

 

Un plaisir pour les yeux, l’odorat et l’estomac! Car bien sûr nous devons goûter un peu de tout 🙂 les pâtisseries locales, une tranche d’ananas, un sandwich au poulet bien d’ici. Ce marché est si grand qu’il est même sur deux étages par endroits. La meilleure partie est la partie « jugos ». On peut demander un jus de fruit frais à presque n’importe quel fruit, à l’eau ou au lait. C’est si bon!!

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On visite le Musée et la Place de la Recoleta dans les hauteurs de Sucre. Il y a un beau point de vue. C’est là qu’on se rend compte de l’étendue de cette ville & de sa périphérie. Il y a dans les 300’000 habitants ici.

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Le soir on décide de se rendre à nouveau au marché et de manger une morce dans la rue. Et il s’avère que toute la ville fait pareil (locaux compris). Vu les prix il doit presque être moins cher de se retrouver en famille & amis pour manger dans la rue que de faire des courses et préparer le repas chez soi. C’est festif, c’est bruyant, les générations se mélangent. Une atmosphère très sympa.

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Nous quittons Sucre après quelques jours et atteignons La Paz après 16h de bus.
C’est un autre monde. La Paz est la capitale administrative du pays et la capitale la plus hauts au monde, à 3660 mètres. Sa topographie est assez atypique vu qu’elle est située dans une cuvette avec El Alto qui la surplombe.
Presque aucun bâtiment, aucune maison n’est terminée. Les murs sont à moitié terminés ou alors encore couleur brique brute. Nous apprendrons que c’est pour une bonne raison: les impôts à payer sont plus élevés lorsqu’une maison est terminée…
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La Paz s’avère être une ville vivante, qui grouille de monde à tout moment de la journée, avec ses tenants de petits kiosks de rue et stands de produits typiquement boliviens (écharpes, bonnets, gants en laine de lama ou d’alpaga). On y trouve également de petites ruelles et rues marchandes très mignonnes où on peut trainer des heures durant. On tombe même sur le marché « des sorcières ». À la recherche de potions, d’antidotes, de plantes guérissantes ou machiavéliques, de cadavres de bébés lamas (il parait qu’enterré sous la première pierre d’un édifice cela portera chance pour la suite)?! Bref ici on trouve de tout!

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Nous remarquons également une importante présence policière dans une partie du centre-ville, ils sont équipés comme pour encadrer une manifestation et il y a des grilles pour bloquer certaines rues. On se demande si c’est pour une occasion spéciale ou si c’est usuel. Et finalement plus loin il y a même la présence de plusieurs chaines TV et des voitures de la sécurité présidentielle. Apparemment le président Evo Morales est de passage en ville. Toutefois nous ne le verrons pas, nous avons d’autres chats à fouetter 😉 Par contre la forte présence policière est apparemment normale car les jours qui suivent ils sont là, fidèles au poste.

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Bref, nous partons visiter le Musée de la Coca, qui est un musée qui vaut absolument le détour. Il est petit mais très complet; deux pièces, quelques images et photos, ainsi que du texte explicatif. C’est très intéressant d’apprendre toutes ces choses sur la coca: l’histoire, le développement, la valeur, les bienfaits de cette plante. Mais aussi comment elle a été « détournée » en cocaïne.
Pour ceux que ça intéresse voici les éléments principaux que nous avons retenus:
Entre 1200 et 1475 après J.C.
Les incas extraient de la coca une huile essentielle, un anesthésiant local avec lequel ils effectuent des trépanations cérébrales extrayant des tumeurs.En 1609 le chroniqueur Garcilaso de la Vega déclare que « la coca préserve le corps de nombreux maux » et les médecins l’utilisent sous forme de poudre pour éviter que les blessures s’infectent et soudent même des os et des fractures avec.

En 1863 c’est le boom de la cocaïne légale.

En 1884 le Dr. Sigmund Freud publie son premier article « Sur la coca ». Il devient le premier consommateur de cocaïne de l’histoire.

Entre 1986 et 1971 on éradique la culture de la coca et sa mastication suite à une décision des Nations Unies lors de la Convention de Genève. On disait que la coca était une menace pour l’humanité car elle est considérée comme la cause de la pauvreté en Bolivie et au Pérou.

Il faut savoir que bien avant, les esclaves supportaient le travail infernal des mines seulement grâce à la coca et ses propriétés énergétiques & alimentaires.

La place de la coca est si importante qu’elle prend la place de l’or et de l’argent.

Concrètement la coca offre un effet anesthésiant, une légère euphorie, l’élargissement de la conscience et l’augmentation de l’énergie corporelle. La consommation traditionnelle améliore la tolérance au travail, stimule les centres respiratoires, régule le sucre et sert d’adaptateur pour la vie en altitude.Les feuilles de coca ont été consommées pendant près de 5000 ans sans endommagement l’organisme. Cela démontre que le problème est apparu une fois que le monde occidental a jeté son dévolu sur la feuille de coca et l’a converti en cocaïne!

D’ailleurs la cocaïne était utilisée dans l’histoire de la chirurgie. La cocaïne étant un des premiers anesthésiants locaux on l’utilisait à cet effet pour éviter de devoir assommer le patient ou le souler jusqu’à la perte de connaissance.

Nos journées s’articulent autour de la découverte des secrets de La Paz, matchs de l’Euro lorsqu’ avec un peu de chance ils passent dans un pub, aller se perdre dans les marchés et se goinfrer de fruits ou de spécialités locales (plutôt des pâtisseries car pour le reste la spécialité consiste en général en: poulet – frites – riz, sous différentes formes), se perdre dans des parcs, trouver les différents points de vue de la ville en prenant un peu de hauteur.

C’est comme cela qu’un soir (ou fin d’après-midi plutôt) on se retrouve au Mirador Kili-Kili. Cet endroit est une merveille! Le soleil se couche, la nuit se fait plus noire, plus intense et toutes les lumières de La Paz et El Alto s’allument. Le mirador se trouve au centre de La Paz, un peu dans les hauteurs mais les collines d’El Alto nous surplombent. Le point de vue est dingue! On est entourés par cette ville qui s’étend sur des kilomètres et des kilomètres, comme pris au piège à 360 degrés. Il y a quelque chose de magique. On en perd la parole et la notion du temps pendant de longues minutes.

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Quelque chose dans tout cela me rend toute chose, m’impressionne, m’émeut et me met la larme à l’œil. Peut-être est-ce dû au fait de se sentir si petit face à ce spectacle, ou peut-être que je réalise la chance que j’ai d’être à CET endroit, avec CETTE personne, à CE moment précis ou peut-être est-ce le fait d’imaginer la vie derrière chacun de ces millions de points de lumière? Derrière chaque étincelle de lumière j’imagine une maison, un foyer, une famille, des êtres humains. Il me semble que c’est la plus grande ville que j’aie eu l’occasion de voir comme cela, illuminée par tant d’étincelles.Mathieu, lui, est un peu moins impressionné; il a eu l’occasion de voir Bangkok et Mexico sous cet angle donc forcément le ressenti n’est pas le même. Comme quoi les émotions suscitées dépendent vraiment du vécu propre à chacun.

Ce soir-là on s’endort des étincelles pleins les yeux et pleins les rêves.

Le dimanche on part à l’assaut du plus grand et plus haut marché du monde, celui de El Alto. El Alto était à l’époque une banlieue de La Paz mais est depuis les années 1950, suite à l’exode rural, devenu une ville à part entière. Ses hauts plateaux surplombent à plus de 4000 mètres. Afin de rejoindre la ville de El Alto il faut prendre un téléphérique. Curieuse de savoir d’où sont les télécabines je remarque qu’elles sont de la marque Doppelmayr, entreprise autrichienne & suisse. On peut, à premier abord, trouver étrange de voir un téléphérique dans une ville, en Amérique du sud. Or, il s’agissait en fait de la solution la plus économe et écologique pour la ville de La Paz.

En effet, un métro aurait été trop cher et dû aux fortes pentes pour atteindre El Alto, c’était extrêmement compliqué.
Un tramway n’était pas envisageable non plus dû aux ruelles tortueuses et chaotiques.
La meilleure solution pour traverser le relief accidenté et les ruelles étriquées était donc par les airs, d’où les télécabines  De plus, les coûts de construction et d’entretien sont moins importants que pour les autres alternatives. »Mi Teleferico » a été mis en service le 30 mai 2014, cela expliquait donc les cabines toutes neuves.

Le marché de El Alto s’avère gigantesque, comme sa réputation le laisse entendre. On passe d’un stand de nourriture, à un stand de chaussures, à un stand de pièces détachées de voitures, à un stand de pain, à un stand de DVDs et CDs, à un stand d’habits pour enfants. On y trouve de tout!

Il y a un monde fou, autant les locaux d’El Alto, ceux de La Paz, que des touristes. Il y a tant de monde que circuler devient complexe. Ayant fait le tour on redescend en ville après avoir profité d’une vue globale et impressionnante de La Paz.

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Le lendemain au programme: achats de snacks de survie et essayage de matériel. Pour quoi faire?!
Hé bien le mardi 14 juin nous partons pour une expédition spéciale, laquelle nous rapprochera un peu plus des étoiles☆ !

???
Debriefing de cette nouvelle aventure à venir dans le prochain article 😉

4 réflexions sur “Living the bolivian dream

  1. C’est juste magnifique, et je comprends totalement ton ressenti devant ces lumières !!! En live ca devait donner des ailes !! Vivement la suite !!! 🙂

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  2. Que de superbes idées, Merci Nathalie!
    Vu que nous sommes à faire quelques travaux de réfection dans notre maison, nous n’allons les compléter qu’à 98%, ainsi nous payerons moins d’impôts.
    Puis nous allons bichonner qq. plants de Coca sur notre terrasse et les p’tits bobos vont disparaitre sans le savoir.
    Mathieu, penses-tu que ce soit meilleur que le Chouchen ?
    La Paz semble être une ville à visiter, sans faute => inscrit sur notre « Bucket list » !

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