AMAZONIA ♡

La forêt amazonienne…
Lorsqu’on y pense on imagine une forêt dense, une faune & une flore sauvage, des indigènes se nourrissant de poissons, parlant uniquement le quechua et se déplaçant en barque sur le fleuve.
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On imagine de gros insectes velus qui sortent à la nuit tombée, les ateliers de drogue des narcotrafiquants, les FARCS & autres individus charmants du genre qui rôdent.
On imagine un monde à part, reculé,intouché et intouchable.
Pour ma part je m’imagine une de mes idoles; Mike Horn en train de traverser l’Amazonie en suivant la ligne de l’Équateur. Milles histoires, faits actuels, mythes et légendes entourent cette jungle tropicale. Des touristes qui s’y sont aventurés seuls y ont péri car n’arrivant plus à retrouver leur chemin pour en sortir.

Afin de percer quelques-uns des mystères de ce lieu mythique nous décidons d’y passer deux jours & une nuit avec un guide. Départ avec bottes de pluie, k-way et vivres. Dans un premier temps nous visitons le parc animalier de Tarquis. Ce parc recueille des animaux de la jungle qui ont été braconnés et gardés illégalement et comme ceux-ci ne sont plus vraiment sauvages ils n’auraient que peu de chances de survie si on les relâchait dans la jungle. Ils sont donc soignés et gardés au Parc Tarquis.

On a la chance de voir des jaguars, des tapirs, des boas, des toucans, des pumas, des perroquets, des singes et bien d’autres espèces.
Puis nous nous enfonçons petit à petit dans la forêt amazonienne jusqu’au fleuve Rio Puyo. De là nous devons prendre un canoë pour rejoindre le village où nous dormirons. 30 minutes à descendre le fleuve sur une barque pas très stable, dans les courants, entourés par cette faune & flore sauvage.
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À midi nous savourons un bon poisson du Rio Puyo puis nous nous mettons en route, avec Victor notre guide. C’est un jeune wayuri de 26 ans qui vit dans ce village avec sa communauté, la communauté Wayuri dont sa femme et sa fille de deux ans. Tous parlent le quechua & l’espagnol. Victor a grandi là et connait tous les secrets & spécificités de la jungle, ainsi que de sa faune et sa flore.

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Nous partons donc à l’assaut de l’Amazonie pressés d’apprendre de nouvelles choses et sa familiariser avec ce milieu qui nous est inconnu. La jungle n’a plus de secrets pour Victor et les siens, ils se transmettent ce savoir de génération en génération. Par exemple nous tombons sur une plante qui semble quelconque et en fait lorsqu’on l’effleure elle se recroqueville sur elle-même. Et Victor nous apprendra qu’on l’utilise pour calmer et endormir les bébés, en tapotant une branche de cette plante sur leur joue.

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Ici, une feuille qui lorsqu’on la mâche soigne la diarrhée. , on gratte un tronc d’un certain arbre, on mélange le résidu gratté à de l’eau et on « sniffe » le tout et HOP plus de grippe, mais pas trop non plus sinon ça monte au cerveau et on termine soit amnésique, soit mort. La jungle s’avère être une pharmacie géante! Il faut simplement connaître les vertus et spécificités de chaque arbre, fruit, plante. Certains peuvent aussi être toxiques & dangereux.

Avec Mathieu on joue le jeu « Tarzan & Jane » à fond et on se retrouve avec de l’argile sur tout le visage, on se balance dans le vide sur la liane « de la muerte ». Certes, tout n’est pas 100% authentique mais on s’amuse beaucoup.

Nous atteignons ensuite la cascade Hola Vida, une magnifique cascade au milieu de la jungle, on l’entend rugir de loin. Il n’a pas fallu une minute pour que Mathieu et moi soyons en maillot de bain entrain de faire les nouilles sous la cascade 🙂 Un sentiment de pureté et de bonheur s’empare de nous.
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Après la découverte de cet environnement sauvage on se rend au village de la communauté Wayuri. Ils sont en tenue traditionnelle, nous avons le droit à un mot de bienvenue en quechua, on nous fait des peintures sur le visage, on déguste la chicha; une mixture alcoolisée typique, on tire à la sarbacane (on est doués! on vise la cible à 5m). Avec Mathieu nous sommes sceptiques, tout cela nous paraît assez faux & mis en scène pour les touristes qui viennent dans le cadre d’un tour organisé. Certes leurs ancêtres chassaient probablement à la sarbacane et étaient vêtus de ces grandes jupes faites avec des plantes, mais au jour d’aujourd’hui… vraiment?! On sent qu’il y a une sorte de mise en scène pour les touristes mais finalement nous avons davantage l’impression de passer pour des voyeurs et sommes un peu mal à l’aise de cette situation. Surtout lorsque les autres touristes se prennent en photo avec les Wayuri toujours dans cet esprit un peu faux à notre goût. On voit que les Wayuri ne le font pas de gaîté de cœur et doivent se forcer pour sourire. Atmosphère étrange.

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On s’éloigne un peu du groupe de touristes et de cette mascarade et on sympathise avec les enfants Wayuri qui, eux aussi en tenue traditionnelle, jouent par là. On discute avec Ronald, 10 ans, trop mignon. Il nous parle de sa vie, de ses 8 frères & sœurs, qu’ils vont à l’école à Puyo (le prochain village) et qu’ils ne vivent pas ici-même dans ce village avec 7 cabanes (comme j’ai l’impression qu’on essaie de nous faire croire), mais un peu plus loin . Comme quoi la vérité sort toujours de la bouche des enfants. Nous tombons d’amour pour Maria le petit singe de la communauté. Elle est si mignonne!! On l’adopterait!

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On retourne ensuite à notre lieu de campement pour le souper et pour passer la nuit dans notre petit cabanon. On discute avec Victor autour de quelques bières et à la nuit tombée on part pour une virée nocturne les trois, frontales au front. Hé oui c’est la nuit que les insectes et certains animaux sont les plus actifs et sortent de leur repaire. Victor sait exactement où regarder, où les chercher. On observe de grosses araignées, des tarentules, des gros mille-pattes sans fin. Matures comme nous sommes Victor, Mathieu et moi on se cache, on se fait peur et sursauter parmi en pleine nuit. Je n’aimerais pas me retrouver seule, de nuit dans la jungle…

Cette nuit là, dans notre cabanon, on s’endormira au son du fleuve, des insectes et bruissements de la jungle.

Le lendemain on retrouve Victor pour repartir à la conquête de la jungle!

En route nous passons chez des voisins à lui et rencontrons un sacré personnage: Delfin. Il est également Wayuri et est guide lui aussi et le chef de Victor. Il nous tend un verre avec quelque chose qui s’apparente à un smoothie. Mmh c’est bon comme fruit, Oh un goût étrange sur la fin. Il est à peine 9:00 qu’il nous fait déjà déguster de l’eau de vie de sucre de cannes. D’abord dans le smoothie puis pur. Il ne nous laisse pas partir tant qu’on n’a pas terminé la bouteille. On repart au taquet 😉

Cette fois on s’enfonce plus profondément dans la jungle, on ne suit plus de sentiers, on s’engouffre dans des passages improbables. On a compris, aujourd’hui ce sera plus sauvage! Parfait c’est ce que nous voulions. Qui plus est, Victor est de plus en plus à l’aise avec nous, la glace est brisée, une espèce de lien se crée. Nous sommes sur une colline qui surplombe la jungle profonde et un volcan au loin. Un panorama comme on n’en avait jamais vus, c’est dingue, c’est beau, c’est majestueux. On se sent si petit, si insignifiant face à Mère Nature.

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Victor nous tend une feuille et nous dit de manger ce qui se trouve dans la tige de la feuille et lui dire quel goût ça a. Une dizaine de toutes petites fourmis se trouvent là, on les mange et ça a comme un goût de citron! On appelle cette plante « planta limon » justement.

Plus loin on remonte une rivière qui nous arrive aux cuisses. On est dans une sorte de clairière un peu enchanteresse, mystique & féerique, c’est sublime! Au fond, on ne la voit pas encore mais on l’entend, une belle cascade qu’on ne peut rejoindre qu’à la nage car on n’a plus pied.

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Victor me demande si je lui fais confiance. Naïvement je dis oui avec un grand sourire et malheur! Je passe à deux doigts de la crise cardiaque. Il me prend mon bel appareil photo neuf des mains et plonge dans l’eau avec l’appareil dans une main, qui dépasse de l’eau. L’appareil passe à 5cm de la noyade, mais Victor a apparemment l’habitude et fait ça comme un chef, pas une goutte!

En maillot de bain on le suit avec Mathieu et on se retrouve face à une puissante cascade. On plonge, on se met sous la cascade, on grimpe, on saute, on fait quelques photos.

L’après-midi de retour au campement on traine sur les hamacs, Victor s’en va et revient 40 minutes plus tard avec une douzaine de carachamas pêchés à l’instant dans le Rio Puyo, à la main et au harpon.  Quelle efficacité! Il nous explique leurs techniques de pêche.

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Nous retournons au village Wayuri où nous nous grefferons à un nouveau groupe de touristes qui est là pour la journée et rentrerons avec eux à Baños en bus. Nous sommes en avance et cela nous permet de nous retrouver un peu dans l’intimité de la tribu Wayuri. Ils nous reconnaissent d’hier et sont donc moins sur la défensive avec nous. Nous en sommes à notre deuxième journée avec Victor, qui est des leurs, alors il commence à y avoir une relation de confiance qui s’instaure entre eux et nous.

Nous devons mentionner qu’ils ne sont pas encore tous là, sont habillés de façon tout à fait classique (t-shirt, short, baskets). Comme quoi la scène en tenue traditionnelle est uniquement pour les touristes…

On retrouve Maria le singe, notre pote Ronald et deux de ses petits frères tout aussi mignons et si coquins. On joue à cache-cache avec eux, on rigole, on se court après. Ces sourires qui valent de l’or. Un très joli moment ♡.

Les femmes de la communauté nous invitent dans « l’arrière-chambre » où ils préparent la chicha (alcool local). Elles sont extrêmement chaleureuses, s’intéressent, nous demandent d’où on vient, où nous voyageons et nous montrent le processus de préparation de la chicha (purée de yuca et une mixture par dessus qu’ils laissent fermenter). Plus de faux-semblants, plus de jeux.Il se passe quelque chose d’authentique, de vrai. Nous échangeons & partageons. La mère de Victor souhaite nous faire déguster un carachama pêché par Victor, préparé selon leur recette. Elle souhaite partager leur recette et façon de manger avec nous et ça nous touche énormément. Toutes les femmes sont là, nous expliquent ou nous montrent ceci ou cela. Les enfants, tous aussi beaux et coquins les uns que les autres, sont là autour et nous regardent avec curiosité et nous sourient de leur beau sourire parfois édenté.

Avec Mathieu on se sent réellement les bienvenus, on se sent intégrés et on se rend compte de l’incroyable opportunité que nous avons là, de ces quelques heures de partage auxquelles nous avons droit. Nul part ailleurs nous n’aurions pu vivre cela et peu de gens ont eu cette chance.
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Puis le car de touristes arrive, nos amis Wayuris se hâtent pour enfiler les tenues traditionnelles et préparer la « mise en scène » pour les touristes. Durant tout ce temps nous restons à l’arrière à papoter et à rire avec eux tels des privilégiés. Ils nous font nous sentir comme chez nous, on a l’impression de faire partie de la famille. Un sentiment indescriptible.

Delfin est aussi de passage, avec une nouvelle bouteille d’alcool local, qu’il partage avec nous. Il nous raconte sa vie, il a passé quelques années en Suisse. Un sacré personnage! Victor et lui nous apprennent des mots et expressions en quechua.

Puis cette incroyable expédition de deux jours/une nuit dans la jungle prend fin et nous faisons nos adieux à la tribu Wayuri. Nous les remercions de tout coeur. On ne les oubliera pas de sitôt. Ça nous déchire un peu le cœur de quitter ce cocon duquel nous faisions partie. Le visage bienveillant et sourire chaleureux de chacun d’entre eux est gravé dans nos souvenirs.

C’est une expérience hors-du-commun que nous avons vécue, nous en sommes pleinement conscients. Ravis d’avoir en quelque sorte brisé leur carapace, d’avoir pu leur inspirer confiance, d’avoir partagé ces instants uniques et de leur avoir prouvé que Mathieu et moi étions là pour cela et non juste pour une photo mise en scène, on rentre à Baños.

Victor & Delfin, collègues et bons amis dans la vie, sont d’ailleurs de sortie à Baños. Hé oui c’est samedi soir – fiesta! Le courant étant très bien passé entre nous 4 ils nous proposent de se joindre à eux pour un repas au restaurant puis pour aller danser. Ravis de pouvoir sortir faire un peu la fête, à l’équatorienne qui plus est, on accepte volontiers la proposition. On passera une soirée de folie avec eux deux et leurs amis. Tous nous ont accueillis à bras ouverts, on était des leurs. La fameuse hospitalité et gentillesse sans faille des équatoriens ♡.

Le weekend Baños s’anime et les clubs sont bondés de jeunes et moins jeunes. Musique latinos, cervezas, rhum: sacré ambiance.

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Vers 4:00 nous faisons nos adieux à Victor et Delfin et rentrons à l’hôtel: nous avons un bus pour Quito à 8:00. Les embrassades sont de mise. Nous remercions sincèrement Victor pour les moments uniques et exceptionnels que lui et sa famille nous ont fait vivre. Ému il nous avoue que nous sommes ses meilleurs clients et qu’il nous a beaucoup apprécié. J’aime à croire que c’est sincère, comme les deux jours que nous venons de vivre. Au jour d’aujourd’hui nous sommes d’ailleurs encore un peu en contact avec Delfin & Victor.

La jungle amazonienne nous a réservé de magnifiques surprises, des moments exceptionnels, des rencontres inattendues. Nous avons percé certains de ses mystères mais il en reste encore tant.

Gracias especial a Victor y la comunidad Wayuri ♡

10 réflexions sur “AMAZONIA ♡

  1. ça se sent qu’ils vous avaient adopté . quelle chance (méritée ) vous avez eu sur ce coup là . superbes souvenirs pour certainement …et superbe article …comme d’hab…. bisous bretons

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  2. Alors encore deux articles super intéressants et vraiment bien documenté.
    Je vois que vous vous amusez bien dans la jungle et ce mixe CH/FR passe bien chez les indigènes. Continuez et profitez bien même si ceci fait parfois un peu mal (mollets) – bisous de la Vallée de Joux

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  3. Hey Nathalie,

    Wooow quelle chance que vous avez de voir tous ces paysages sauvages. MAGNIFIQUE!!! Profitez à fond car le temps passe trop vite. Je me réjouis déjà de lire la suite…

    Gros bisous et bonne continuation.

    Nicole

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