FUEGO’s on Fire!

Après deux semaines, chacun de notre côté entre potes (Mexique pour ma part, Cuba pour Mat, cf. précédents articles), nous nous retrouvons le dimanche 11 septembre et filons directement au sud du Mexique dans le Chiapas car notre prochaine étape en commun est le Guatemala!

Nous atteignons donc la jolie ville de San Cristobal de las Casas que nous prenons un énorme plaisir à découvrir.
Elle est l’une des villes coloniales les mieux conservées du Mexique et compte de nombreux quartiers, tous très traditionnels.

Après ce magnifique petit intermède à San Cristobal de las Casas nous passons finalement (encore une fois, assez facilement) la frontière avec le Guatemala. Un nouveau pays s’offre à nous afin que nous en découvrions tous les secrets. On a hâte!

C’est là que les choses se corsent. Nous avons dans l’idée de rejoindre le lac Atitlán afin de passer quelques jours dans ses alentours. Nous prenons donc un de ces fameux chicken bus, si typiques d’Amérique Centrale et le chauffeur nous assure qu’il va à Panajachel, la ville que nous aimerions rejoindre. Après 6 heures terribles, dans ce bus absolument pas confortable, entassés à 5 sur des banquettes pour 2 personnes, nous arrivons à un énorme croisement. Il est 21:00, le chauffeur vient vers nous, prend nos backpacks et nous pousse hors du bus en nous expliquant qu’un autre bus ne va pas tarder à passer ici et que celui-ci nous mènera où nous avons prévu d’aller. Il est un peu fébrile, réagit très vite de façon à ce que nous ne puissions pas nous opposer ou poser de question. On se fait littéralement JETER du bus, nos backpacks attérissent à côté de nous dans un bruit sourd et on a juste le temps de voir le bus filer à toute vitesse, sous nos yeux ébahis.

Nous nous retrouvons donc de nuit, en plein dans un carrefour. Ce n’est ni une ville, ni un village, simplement un gros croisement avec quelques bouibouis aux alentours. On sait pertinemment qu’il n’y a pas d’autre bus, encore moins à cette heure-ci. Soit on se trouve rapidement un hôtel, soit on risque de se faire braquer nos affaires. Nous sommes la cible parfaite dans ce lieu un peu craignos: deux touristes égarés avec leurs gros sacs. Un groupe de 4 femmes arrive vers nous en courant et nous disent de ne pas trop trainer par ici et nous poussent dans la direction d’un motel. C’est cher, très sommaire mais ça devra faire l’affaire jusqu’au lendemain matin.

Disons que notre arrivée au Guatemala ne se fait pas dans les meilleures conditions et cet épisode nous met hors de nous. Encore une fois les gens voient en nous, touristes, de simples $$$ sur pattes et n’ont aucun scrupule à nous mentir pour quelques Quetzales (monnaie locale). C’est rageant, irrespectueux, épuisant et très désagréable comme sentiment. Après un aussi long et éprouvant trajet cela nous donnerait presque envie de retourner au Mexique.

Le lendemain notre décision est prise, nous allons skiper le lac Atitlán et aller directement à Antigua. Cet épisode fâcheux fait que notre timing se resserre encore un peu et nous devons prendre une décision afin de rester dans le timing.

Après encore des heures inconfortables de chicken bus nous arrivons, soulagés, à Antigua.

Au premier abord Antigua semble être une belle ville coloniale, colorée, jolie comme tout et chargée d’histoire. On comprend aisément qu’elle soit classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

D’ailleurs il doit y avoir une célébration quelconque car toute la ville semble festive et les gens sont tous dans la rue. On apprend que le lendemain, le 15 septembre, le Guatemala fête son Indépendance, qui date du 15 septembre 1821. Un gros événement pour tout le pays, qui se prépare à célébrer de ce soir à demain soir. Il s’agit d’un hasard, d’un joyeux hasard même!, que nous tombions sur la fête de l’Indépendance. Une fête locale, typique à laquelle nous allons pouvoir prendre part.

Après avoir trouvé une chouette auberge, on déguste quelques bons tacos et on se mêle à la foule festive et excitée pour célébrer ce fameux jour de l’Indépendance, à venir demain.

Jeudi 15 septembre nous assistons à la parade; les différentes écoles défilent déguisés, en dansant au son de la fanfare, majorettes & tambours sont présents, tous drapeaux dehors. Un très bon moment au coeur de l’Histoire Guatemaltèque!

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L’après-midi nous grimpons au « mirador » d’où nous avons une vue imprenable sur la ville et droit en face de nous se dresse le volcan Agua, imposant.

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Le lendemain nous partons pour notre prochain challenge physique: l’ascension du volcan Acatenango. Celui-ci, un peu plus éloigné d’Antigua, se dresse lui aussi en toile de fond. On s’imagine déjà au sommet!

Le volcan Acatenango culmine à 3976 mètres et l’ascension commence à 2250 mètres, soit 1726 mètres de dénivelé positif. Il s’agit du troisième plus haut volcan du Guatemala et d’Amérique Centrale. Il n’est plus en activité. D’autres volcans alentours (ils sont des dizaines) au Guatemala offrent une ascension moins éprouvante mais nous nous sentons en forme et voulons un peu de difficulté afin de pouvoir se surpasser quelque peu. La terriblement dure ascension du Huayna Potosi (6088 mètres) nous semble si lointaine mais les souvenirs sont toujours aussi forts et présents. À plusieurs reprises nous nous remmémorons ces instants de lutte contre le froid, contre le mal d’altitude mais aussi le plus beau lever de soleil auquel il nous a été permis d’assister et ce moment fait partie du top 3 (voire du top 1?) de notre tour du monde.

L’ascension de l’Acatenango se fait sur deux jours, une nuit avec un guide et son bras droit. Nous, en l’occurence, nous serons accompagnés de Guillermo et son fils. Un anglais, ainsi qu’un australien font partie de notre groupe. Pas très (du tout) causants, sociables, ni intéressants ces deux-là. Mais ce n’est pas grave, nous sommes ravis de partager des moments d’échange avec Guillermo et son fils, qui eux sont très ouverts et se font un plaisir de nous parler de leur pays, de leur ville et de son Histoire. Guillermo est une perle, il tient à ce que nous soyons bien, nous demande sans arrêt si tout va bien. Vous savez, un de ces hommes qui a du vécu, qui a traversé pas mal de difficultés pour subvenir aux besoins de sa famille dans un pays relativement pauvre, mais qui, malgré tout, garde le sourire, se préoccupe plus des autres que de lui-même et a le coeur sur la main. Une belle rencontre et leçon de vie ♡.

L’avantage (si je puis dire) de cette ascension est qu’elle commence très fort et la fin est plus abordable. En moins de 6 kilomètres on se prend presque 1600 mètres de dénivelé dans les jambes. C’est rude, surtout avec 12 kilos de matériel sur le dos, 20 kilos pour Mathieu qui porte la grosse tente pour notre groupe de 4 personnes (vu que les deux cocos ne daignent pas proposer leur aide pour porter la tente dans laquelle ils dormiront). Ce départ sportif donnerait presque envie de redescendre illico presto. Mais on tient bon!

La particularité de ce volcan, en plus du fait qu’on voit le volcan Pacaya, le volcan Agua, le lac Atitlán et même l’océan Pacifique,
est qu’il se trouve à quelques centaines de mètres du volcan Fuego (culminant à 3700 mètres), qui lui est toujours actif. Ceci signifie qu’on a également un point de vue exceptionnel sur ses éruptions!

D’ailleurs 4h15 plus tard (il faut à peu près 5h en moyenne), après une ascension très physique, nous arrivons au camp à 3500 mètres et nous sommes récompensés par la vue sur tous les alentours et aussi par le Fuego qui se manifeste déjà! Il gronde et crache des cendres qui forment un gros nuage sur sa pointe. Impressionnant! Le volcan Agua de l’autre côté nous fait de l’oeil par sa forme parfaite. On n’est pas montés pour rien 🙂

Quel spectacle!

On installe le campement, on prépare un feu et on s’installe pour passer une bonne soirée les 6 autour du feu avec comme attraction et comme image le volcan Fuego face à nous. Il fait gris, nuageux, froid et il pleut mais peu importe, nous sommes contents d’être là.

Guillermo nous parle de ses 6 enfants, de comment à l’époque il faisait cette même ascension pieds nus étant donné que les chaussures de marche coûtent chères, de ses années illégales aux USA pour pouvoir gagner de l’argent pour sa famille car les guerres civiles entre 60-96 avaient laissé le Guatemala dans un sale état. Nous sommes touchés par son récit et par le fait qu’il partage cela avec nous.

La nuit tombe et on se dirige vers la tente lorsque le sol tremble, on sent que les entrailles de Fuego rugissent, un sentiment indescriptible!! Je ne pensais pas pouvoir vivre cela un jour! Et là Fuego crache de la lave, des rochers en fusion, c’est irréel. Quelle puissance. Ha Mère Nature, tu nous surprendras TOUJOURS.

On s’endort face à cette démonstration et toute la nuit les rugissements de Fuego (et le froid & la pluie surtout aussi) nous tiendrons en éveil.

On se réveille à 4:00 mais le lever de soleil sur Fuego et tout le panorama est compromis par de nombreux nuages, une brume épaisse et de fortes rafales de vent. Allez on tente quand même! On gravit les 476 derniers mètres en une heure en luttant contre le vent, le froid et le sol irrégulier, pas stable de lave sèche qui fait qu’on s’enfonce et recule à chaque pas en avant. Nous sommes sur le bord du cratère de l’Acatenango vers 5:00 du matin et malgré les nuages on distingue Fuego, Guatemala Ciudad et Antigua qui dorment encore et scintillent de mille feux. Un si beau spectacle qu’on admire de nos yeux fatigués mais conquis.

On redescend au camp de base alors que le soleil montre petit à petit le bout de ses rayons et Guillermo nous prépare un bon chocolat chaud pour nous réchauffer car nous sommes congelés. La descente en 2:15 fait souffrir nos genoux fatigués mais nous sommes tous contents de ce joli accomplissememt et d’avoir pu être spectateurs des éruptions de Fuego.

Nous faisons nos adieux à Guillermo & son fils qui ont été de super guides et on file à notre auberge se doucher, avaler un morceau et prendre nos backpacks car à 14:00 une navette nous conduira à notre prochaine étape au Guatemala. Vous devinez où?

Pendant que nous attendons notre navette (en retard) à l’auberge, il y a Diana qui nous tient compagnie. Diana c’est la fille de 3 ans de la femme et l’homme à tout faire de l’auberge. 3 jours qu’elle nous fait de grands sourires, des coucous timides et aujourd’hui elle veut jouer avec nous, nous faire des câlins et bidouiller sur nos natels. Tellement mignonne! On quitte la belle Antigua sur ces moments de douceur ♡.

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